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    Regard, mâchoires de fer

    Devant son monastère

    Elle attend le passage

    D’un masculin volage

     

    Elle fait vœu de son âme

    Pour qu’au bout de ses lames

    Cet amoureux mystère

    La suive jusqu’en enfer

     

    La mante religieuse

    La passion qui dévore

    Quand elle est bien heureuse

    Le baiser de la mort

     

    Elle ne voit pas le mâle

    Qu’elle rencontre par foi

    Et trouve même normal

    D’en faire son repas

     

    Elle aime tant la chair

    De celui qui, sans crainte

    Devient son partenaire

    Pour une ultime étreinte

     

    La mante religieuse

    Prodigue à son galant

    En bonne amante pieuse

    Les derniers sacrements

     

    Elle sait se faire amène

    Tendre, douce et affable

    Mais cette paroissienne

    Ne pense qu’au plan de table

     

    Elle découpe son ange

    Et, en maitresse d’autel

    Elle le boit et le mange

    Après l’union charnelle

     

    La mante religieuse

    La passion qui dévore

    Quand elle est bien heureuse

    Le baiser de la mort

     

    Lorsque la messe est dite

    Qu’il n’y a plus rien à croire

    Elle rend souvent visite

    A une amie bizarre

     

    Avec cet acolyte

    L’araignée veuve noire

    Autour d’une marmite

     Elles rient de leurs histoires

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Je pose le pied sur la terre

    Et j’écrase des milliers de vies

    Je cueille quelques primevères

    J’arrache mauvaises herbes et orties

     

    Sur la vitre de mon pare-brise

    Quantités de destins se brisent

    Et sous mes roues, le hérisson

    Va rendre gorge et ses poumons

     

    Je n’y peux rien si je suis cruel

    La nature m’a fait criminel

    Peut-on parler de cadeau divin

    Etre né tueur par négligence ou par besoin

     

     Dans mon jardin, dans mon verger

    Il me faut encore massacrer

    J’occis toute forme de vermine

    Je pulvérise, j’extermine

     

    Les pucerons sur mes rosiers

    Fourmis, cafards ou araignées

    Quand je traite à l’insecticide

    C’est un carnage, un génocide

     

     Pour garnir le fond de mon assiette

    Accompagner mes coquillettes

    Il faut bien que quelques abats

    Viennent mettre leurs pieds dans mes plats

     

    Crevettes, homards ébouillantés

    Veaux, vaches, cochons menu hachés

    Les petites bêtes se bousculent

    Pour finir sous mes mandibules

                 

    Je pose le pied sur la terre

     Et j’écrase des milliers de vies

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Dans le grand cirque médiatique

    Sur les plateaux où l’on chronique

    On entend la petite musique

    Du scandale, de la polémique

     

    De la politique au culturel

    Faut du grivois, des trucs sexuels

    Se livrer à des révélations

    Telle ou telle pratique, oui ou non

     

    C’est déjà pas nouveau

    Qu’on nous prend pour des veaux

    Maintenant pour faire le buzz

    On nous prend pour des buses

     

    Pour bien soigner sa com

    On nous prend pour des pommes

    Pour vendre son talent

    On nous prend pour des glands

     

    Si tu veux placer ton opus

    Evite l’ennui du consensus

    Et pour booster au mieux tes ventes

    Adopte une parole déviante

     

    Si tu veux exister, cocotte

    Il faut nous montrer ta culotte

    Le mieux serait de nous prouver

    Qu’encore une fois, tu l’as oubliée

     

    Quand l’info et le marketing

    Font ami-ami, font bling-bling

    Pas étonnant que les nouvelles

    Semblent sortir d’une poubelle

     

    Quand le journal fait de la promo

    On n’est plus qu’une bande de gogos

    Et quand il devient trop people

    On se fout juste de notre gueule

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

     SACEM

      

     


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    Arrangement, instruments, enregistrement, mixage : Bernard Leroux

     

    Moi, je veux vivre comme tout l’monde

    Dans la liberté

    Et au rythme des secondes

     

    Moi, je veux vivre comme tout l’monde

    Dans la vérité

    De mon âme vagabonde

     

     Aller faire le tour

    Des quatre coins de la terre

    Cingler comme un fou

    Vingt mille lieues sur les mers

     

    Jeter un coup d’œil

    A l’intérieur des cratères

    Ne pas oublier

    De m’envoyer en l’air

     

     Plancher sur le sable

    Des montagnes et des dunes

    Courir sur les vagues

    Au milieu des lagunes

     

    Planer au dessus

    De nos tours de Babel

    Laisser le soleil

     Me réchauffer les ailes

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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  •  Parfois, dans les chansons, on entend des choses tellement étonnantes qu’on se demande si elles n’ont pas été inventées … alors, je me suis dit …

     

     

    Evite mon curriculum

    Tiens-toi aux marches, sur le pont

    Tu pourrais tomber dans les pommes

    A voir un homme

    Qui sent bon

     

    Inutile d’invoquer la science

    Pour expliquer ton grand émoi

    Et toutes mes circonférences

    Agitent le bout de tes doigts

     

     Tu vas craquer, sans doute

    Mais y’en a eu bien d’autres avant toi

    Même si ça me coûte

    Je vais te prendre dans mes bras

     

    Le corps qui t’enflamme

    Est habitué à ces jeux là

    Pour lui, on se damne

    On se détruit à chaque fois

     

     Excuse-moi d’être futile

    J’aime être abordé en douceur

    Tu pourrais te montrer subtile

    Exemple, me demander l’heure

     

    Afin de te tendre la perche

    Je peux faire tomber un mouchoir

    Mais ton impatience m’empêche

    De me dégager du couloir

     

    Je vois dans tes yeux de pirate

    Le désir pointer son éclat

    Ne soyons pas des automates

    Restons maîtres de nos ébats

     

    Avant de sombrer dans l’ivresse

    De nager en plein Nirvana

    Pour garder un peu de noblesse

     Nous passerons nos pyjamas

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Je n’ai jamais eu 34 ans

    Je les ai zappés, il y a longtemps

    C’est arrivé en oubliant

    Puis j’ai continué, évidemment

     

    Pas par mesure d’économie

    Sur un gâteau ou des bougies

    Je ne sais pas comment ça m’a pris

    Peut-être un peu de fantaisie

     

    Un petit plaisir ludique

    Jouer avec l’arithmétique

     

    Je n’ai jamais eu 34 ans

    J’ai vraiment suspendu le temps

    C’est arrivé en le décidant

    Rester 2 ans sur 33 ans

     

    Rien de très psychanalytique

    Rapport à un père symbolique

    Je ne sais pas comment ça m’a pris

    Sans doute un peu de coquetterie

     

    Je me suis offert une pause

    Dans l’ordre normal des choses

     

    Je n’ai jamais eu 34 ans

    Je me suis marré, comme un enfant

    C’est arrivé en m’amusant

    Puis j’y ai cru finalement

     

    C’était même drôle à chaque fois

    Quand le docteur, après le « A »

    Me demandait de dire 33

    Je vous jure que ça me dérangeait pas

     

    Je me suis comporté comme un môme

    Avec une année palindrome

     

    Je n’ai jamais eu 34 ans

    Je les ai zappés, il y a longtemps

    Mais, croyez-vous mes boniments

    Vous qui m’écoutez poliment

     

    Quand je regarde le curseur

    Tourner les aiguilles du compteur

    Je me dis, bien-sûr, que maintenant

     Je les vivrais bien, mes 34 ans

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM 

     


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    En sari, en djellaba

    En kilt ou en bermuda

    On le sent dès qu’on le voit

    Celui-là n’est pas de chez soi

     

    En plus de ses latitudes

    Il porte des habitudes

    Des coutumes, des pratiques

    Pas toujours très catholiques

     

    Avec peu de clairvoyance

    Certains nient les apparences

    Ils disent

     

    L’étranger est très malin

    Il fait semblant d’avoir faim

    L’étranger est très adroit

    Il fait semblant d’avoir froid

     

    Il a appris par ailleurs

    Que l’air d’ici était meilleur

    Infiniment plus propice

    Aux dividendes, aux bénéfices

     

    Il voudrait faire sa place

    A l’ombre de nos palaces

    Se contenterait de finir

    Les miettes de nos plaisirs

     

    Au plus bas de l’opinion

    Certains tirent des conclusions

    Ils disent

     

    L’étranger est très filou

    Il joue les pauvres, les sans le sou

    L’étranger est très menteur

    Il fait semblant d’avoir peur

     

    Il vient en criant voisine

    Vers nos portes de cuisine

    Arrive en montrant du doigt

    Nos caves et nos tas de bois

     

    Il envahit nos ruelles

    Quand il pleut ou quand il gèle

    En appelle au genre humain

    Pour qu’on lui tende la main

     

    Avec peu d’intelligence

    Certains voient des manigances

    Ils disent

     

    L’étranger est très malin

    Il fait semblant d’avoir faim

    L’étranger est très adroit

    Il fait semblant d’avoir froid

     

    L’étranger est très filou

    Il joue les pauvres, les sans le sou

    L’étranger est très menteur

     Il fait même semblant d’avoir peur

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Paroles : Bernard Leroux / Jean-Luc Taburet 

    Musique : Jean-Luc Taburet

    Arrangement, instruments, chœurs, enregistrement et mixage : Bernard Leroux  

     Chœurs : Louise Taburet

     

     

     

    J’veux pas rouler en Ferrari 

     Mon rêve est plus beau, plus petit

    J'ai pas de goût pour l'appétit

    J’veux faire l’amour au paradis.

     

    J’veux pas faire comme les gens d’ici,

    Aller au bal tous les sam’dis,

    Retourner au bureau lundi,

    J’veux faire l’amour au paradis.

     

    Le grand patron m’donne pas grand chose

    Pas de quoi voir la vie en rose

    J’ai pas envie de dire merci,

    J’veux faire l’amour au paradis.

     

    Y’a des beaux restaurants, ici,

    Des cinémas et des taxis,

    C’est pas pour moi, eh bien tant pis,

    J’veux faire l’amour au paradis.

     

    Ma fiancée est très jolie

    Et elle voudrait qu’on se marie

    Moi, je veux bien, c’est pour la vie,

    Qu’on f’ra  l’amour au paradis.

     

    Mes p’tits z’enfants aussi iront

    Travailler pour le grand patron

    C’est comme ça pour tout l’monde ici,

    On fera l’amour au paradis.

     

     Et après la fin de ma vie

    Quand les années m’auront vieilli,

    Sur ma tombe, on lira « çui-ci

     Y fait l’amour au paradis »


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    Un milieu de journée

    La semaine dernière

    Au fond de mon grenier

    Parmi la poussière

     

    J’ai trouvé un cahier

    Venu de naguère

    Aux pages griffonnées

    Par feu mon grand-père

     

    Je me suis rappelé

    Longtemps en arrière

    L’étrange activité

    Sa passion première

      

    Pépé écrivait des chansons

    Qu’il jouait dans les grandes occasions

    Ou le dimanche à la maison

    Avec son vieil accordéon

     

    Souvent à la fin des repas

    En chœur, on faisait tralala

    Que c’était bien, que c’était bon

    Quand Pépé chantait ses chansons

     

     Il y avait un fatras

    Dans son répertoire

    Des javas, des polkas

    Et de drôles d’histoires

     

    Des morceaux d’opéras

    Des chansons à boire

    Mais surtout de la joie

    Gravée dans nos mémoires

     

    Et dans la parenté

    Les garçons, les filles

    Au fond d’eux ont gardé

    Ces airs de famille

     

    Il rimait et livrait

    Son âme et son cœur

    Il disait, racontait

    Ses petits bonheurs

     

    Il était plus discret

    Sur ses peines, ses douleurs

    Et savait que jamais

    Il ne serait chanteur

     

    Car, pour lui, si du vent

    Posé sur un poème

    Ça ne restait que du vent

    Il s’essoufflait quand même

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM 


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    Arrangement, instruments, chœurs, enregistrement, mixage: Pascal Grondin

     

    Une fille, une ville

    Ma vie suspendue à un cil

    Une ville, une fille

    Voilà mon destin qui vacille

     

    Moi, le corsaire

    Le flibustier, le loup de mer

    Jeté à terre

    Pour une belle passagère

     

    Une fille, une ville

    Une ville, une fille

     

    J’étais furieux

    Après les hommes et le bon dieu

    Je vois tout bleu

    Comme un quelconque bienheureux

     

    Que dois-je faire de mon exil

    De ma terre de feu, mes Antilles

     

    Et ma colère

    Mon refus extraordinaire

    Tombée par terre

    Juste à côté de ses ornières

     

    Une fille, une ville

    Une ville, une fille

     

    Moi, le parleur

    L’intarissable baroudeur

    Où est ma voix

    Quand il s’agit de faire un choix

     

    Une fille, une ville

    Une ville, une fille

     

    Moi, le marin

    Le vagabond, le clandestin

    J’ai le béguin

    Pour d’autres courses, d’autres chemins

     

    Dois-je le jouer à face ou pile

    Ou choisir le côté qui brille

     

    J’étais furieux

    Après les hommes et le bon dieu

    Je suis heureux

    Comme un pauvre type amoureux

     

    Une fille, une ville

    Que dois-je faire de mon exil

    Une ville, une fille

    Ma vie suspendue à un cil

     

    Que dois-je faire de mon exil

     Ma vie suspendue à un cil

     Que dois-je faire de mon exil

     Ma vie suspendue à un cil

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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