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    Un milieu de journée

    La semaine dernière

    Au fond de mon grenier

    Parmi la poussière

     

    J’ai trouvé un cahier

    Venu de naguère

    Aux pages griffonnées

    Par feu mon grand-père

     

    Je me suis rappelé

    Longtemps en arrière

    L’étrange activité

    Sa passion première

      

    Pépé écrivait des chansons

    Qu’il jouait dans les grandes occasions

    Ou le dimanche à la maison

    Avec son vieil accordéon

     

    Souvent à la fin des repas

    En chœur, on faisait tralala

    Que c’était bien, que c’était bon

    Quand Pépé chantait ses chansons

     

     Il y avait un fatras

    Dans son répertoire

    Des javas, des polkas

    Et de drôles d’histoires

     

    Des morceaux d’opéras

    Des chansons à boire

    Mais surtout de la joie

    Gravée dans nos mémoires

     

    Et dans la parenté

    Les garçons, les filles

    Au fond d’eux ont gardé

    Ces airs de famille

     

    Il rimait et livrait

    Son âme et son cœur

    Il disait, racontait

    Ses petits bonheurs

     

    Il était plus discret

    Sur ses peines, ses douleurs

    Et savait que jamais

    Il ne serait chanteur

     

    Car, pour lui, si du vent

    Posé sur un poème

    Ça ne restait que du vent

    Il s’essoufflait quand même

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM 


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    Arrangement, instruments, chœurs, enregistrement, mixage: Pascal Grondin

     

    Une fille, une ville

    Ma vie suspendue à un cil

    Une ville, une fille

    Voilà mon destin qui vacille

     

    Moi, le corsaire

    Le flibustier, le loup de mer

    Jeté à terre

    Pour une belle passagère

     

    Une fille, une ville

    Une ville, une fille

     

    J’étais furieux

    Après les hommes et le bon dieu

    Je vois tout bleu

    Comme un quelconque bienheureux

     

    Que dois-je faire de mon exil

    De ma terre de feu, mes Antilles

     

    Et ma colère

    Mon refus extraordinaire

    Tombée par terre

    Juste à côté de ses ornières

     

    Une fille, une ville

    Une ville, une fille

     

    Moi, le parleur

    L’intarissable baroudeur

    Où est ma voix

    Quand il s’agit de faire un choix

     

    Une fille, une ville

    Une ville, une fille

     

    Moi, le marin

    Le vagabond, le clandestin

    J’ai le béguin

    Pour d’autres courses, d’autres chemins

     

    Dois-je le jouer à face ou pile

    Ou choisir le côté qui brille

     

    J’étais furieux

    Après les hommes et le bon dieu

    Je suis heureux

    Comme un pauvre type amoureux

     

    Une fille, une ville

    Que dois-je faire de mon exil

    Une ville, une fille

    Ma vie suspendue à un cil

     

    Que dois-je faire de mon exil

     Ma vie suspendue à un cil

     Que dois-je faire de mon exil

     Ma vie suspendue à un cil

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Interprète: Louise Taburet

    Arrangement, instruments, chœurs, enregistrement, mixage: Bernard Leroux

     

    Une pomme, deux pommes, trois pommes

    Un petit bonhomme

    Au cœur qui bat comme

    Un métronome

     Un pas, deux pas étroits

    Qu’on n’entend pas

    Une vie qui va

    Qu’on ne voit pas

      

    On ne parle jamais de lui

    Dans les gazettes d’aujourd’hui

    Pas de problème pour préserver

    Un lopin de jardin secret

     

    Il habite un quartier poli

    Où les voisins sont des amis

    Pour chacun, il a une adresse

    Un sourire, une gentillesse

      

    Si sa bonne étoile est filante

    Quand  elle paraît moins éclatante

    Peu importe les infortunes

    Elles vont et viennent, comme la lune

     

    Au fait, il connaît tout du ciel

    Des voyages immatériels

    Sans téléphone sans voiture

    La vie peut être une aventure

      

    Il a son regard sur les choses

    Pas le même que ceux qui nous causent

    Mais il a appris par ailleurs

    Que l’amour en était la meilleure

     

    Il est connu des formulaires

    Du premier jusqu’au dernier tiers

    Comme chantait un cousin naguère

     C’est juste un gars bien ordinaire

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Les juilletistes et les aoûtiens

    Sont deux bandes de sacrés vauriens

    Qui déferlent dès le début de juin

    Dans le désordre, vers des buts lointains

     

    Les juilletistes et les aoûtiens

    Ont préparé sur cartes Michelin

    Depuis longtemps, à coups de combien

    Leur aventure comme des gamins

     

    Longues files de bagnoles

    Dans des odeurs de pétrole

    Au péage, en plein cagnard

    Ils sont heureux, les veinards

     

    Les juilletistes et les aoûtiens

    Ont pris leurs bâtons de pèlerins

    Pour ne plus courir vers le turbin

    Mais dans les lavandes et les champs de thym

     

    Les juilletistes et les aoûtiens

    Avec ou sans leurs chiens

    Prennent le large, se taillent un chemin

    Vers la montagne ou le sable fin

     

    Et la fumée des grillades

    Se mélange à celle des moteurs

    Crème solaire et baignade

    Au mètre carré de chaleur

     

    Mi-juilletiste, moitié aoûtien

    Comme les autres, moi, j’attends mon train

    J’ai dans mon sac, des rêves sans fin

    Que je vous raconterai, si je reviens

     

    Mi-juilletiste, moitié aoûtien

    On se reverra quand j’aurai pris mon bain

    Pour le moment je vous serre la main

     Et je vous dis, à la saint glinglin

     

    Paroles et musique : Jean-Luc Taburet

    SACEM 


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    Arrangement, instruments, enregistrement, mixage: Christian Perrot

     

    Dans notre société humaine

    Forte de frères qui s’aiment

    Pour une bonne mise en scène

     

    Ça commence par un baptême

    Et puis après on enchaîne

    On vient de régler bien des problèmes

     

    Dans notre société humaine 

     

    Dans notre société humaine

    Il faut beaucoup travailler

    Pour pouvoir acheter, faut se dépenser

     

    Et montrer à ses aînés

    En reproductivité

    Qu’on est aussi des aliénés

     

    Dans notre société humaine 

     

    Dans notre société humaine

    Il faut surtout consommer

    Les machines et les chaînes, faut les faire tourner

     

    Pour nos coffres et nos bedaines

    Il n’y en a jamais assez

    L’évolution nous entraîne vers l’obésité

     

    Dans notre société humaine 

     

    Dans notre société humaine

    Sur des écrans de fumée

    On aperçoit le réel se défiler

     

    Misère et calamités

    Tout n’est que fatalité

    On ne peut rien faire pour l’empêcher

     

    Dans notre société humaine 

     

    Mais dans notre société humaine

    On s’est quand même rencontrés

    Par amour ou bien par amitié

     

    Pour se parler et rêver

    Voire plus si affinités

    Et c’est pour ça, qu’ensemble, on peut chanter

     Dans notre société humaine 

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Arrangement, instruments, enregistrement, mixage: Pascal Grondin, Dominique Plot

     

    Quel curieux moment

    Que l’instant présent

    Quand des loups s’excitent

    A traquer  l’insolite

     

    Pour dire sans pudeur

    Mon grand coup au cœur

    A une féline

    Presque maghrébine

     

    Loin des jugements

    Voire des compliments

    J’écris ma tendresse

    Pour toi ma tigresse

     

    J'aime ta peau noire

    Tes cheveux tricots

    Tes jambes cigares

    La soie de ton dos

    Tes hanches barbares

    Devenues disco

    Donnent à l’ivoire

    Des rêves nouveaux

     

    Le soleil le premier

    A caressé ton corps

    Il t’a serrée si fort

    Que ça se voit encore

     

    Je ne suis pas jaloux

    De cet amour bambou

    Quand le désir nous pique

    J’embrasse toute l’Afrique

     

    La course de tes reins

    La brousse de tes tresses

    Les lianes de tes seins

    Sont autant de richesses

      

    Je crains plus pour nous deux

    Que pour nos descendants

    Le présent dangereux

    S’affiche noir sur blanc

     

    L’avenir à lui seul

    Eclaircira les ombres

    Et puissent tous ces aveugles

    Guérir en grands nombres

     

    La musique le sait bien

    Qui tient le box office

    Elle montre le chemin

     Elle est déjà métisse

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM 1999


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    Café du commerce

    C’est la controverse

    Les gorges se déploient et s’inondent

     

    Café de la place

    Le lapin qui menace

    Chacun attend sa brune ou sa blonde

     

    Café de la gare

    A bientôt le cafard

    Il ne reste que des secondes

     

    Café de la ville

    Les bons mots se distillent

    Au-dessus des surfaces rondes

     

     Ho, le petit verre

    Qui fait tourner la terre

    Ho, la petite  mousse

    Qui rend la vie plus douce

     

    Y’a des tonnes d’angoisse

    Au fond de nos tasses

    Mais une petite dose

    Arrange bien les choses

     

     Café de la poste

    Y’a des fidèles au poste

    Il faut bien de l’encre à la plume

     

    Café de Paris

    On a des alibis

    On prévient la grippe et le rhume

     

    Au café des sports

    On se dispute encore

    Ça va finir à coups d’enclume

     

    Café des flots bleus

    Les maris malheureux

    Entourent les cornes de brume

     

    Café du commerce

    C’est la controverse

     Ou bien c’est là qu’on verse trop

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Arrangement, instruments, enregistrement, mixage: Bernard Leroux

     

    Eté 2009-2010

    Un été qui en vaudrait dix

    Une saison très incertaine

    Venue d’on ne sait quelle graine

    Chemin aux milliers de senteurs

    Où l’on ne compte plus les heures

    Eté 2009-2010

    Jardin de roses et fleurs de lys

     

    J’ai plaisir à imaginer

    Un été qui dure toute une année

            Cette saison couleur indienne

    Je m’en fais don, elle devient mienne

     

    Eté 2009-2010

    Champs de fleurs et bois de réglisse

    Aux saveurs de lunes de miel

    Baigné dans l’eau d’un arc en ciel

    Je veux le boire ou le répandre

    Jusqu’à en oublier décembre

    Eté 2009-2010

     Doux nectar au fond d’un calice

     

    Eté 2009-2010

    La nature est belle et complice

    Mais le vent que les arbres accueillent

    Ne fait plus tomber une feuille

    Pour les experts en climatique

    Tu es un rêve maléfique

    Eté 2009-2010

    D’la pollution tu serais le fils

     

    Pourtant, j’ai plaisir à imaginer

    Un été qui dure toute une année

    Cette saison  couleur indienne

    Je m’en fais don, elle devient mienne

     

    Eté 2009-2010

    Un été qui en vaudrait dix

     Eté 2009-2010

    Jardin de roses et fleurs de lys

     Eté 2009-2010

     D’la pollution tu serais le fils

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM 2009


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    Je ferai tout pour la trouver

    Je ferai tout pour la rencontrer

    J’irai dans les bars, sur les marchés

    Dans le désert de la rue d’à côté

     Je la trouverai derrière un mur

    Ou bien dans un salon de coiffure

    Mais je ferai tout pour la trouver

     

    Elle est là, quelque part

    Dans un méandre du hasard

    Elle est là, j’en suis certain

    Je vais l’écrire dans le creux de nos mains

    Car même le destin n’en sait rien

     

    Je ferai tout pour la trouver

    Je ferai tout pour la rencontrer

    J’irai la chercher dans les quartiers

    Ou bien à l’autre bout de mon palier

     Je la délivrerai de son armure

    Et de son marchand de chaussures

    Mais je ferai tout pour la trouver

     

    Elle est là, comme un espoir

    Comme un reflet dans mon miroir

    Elle est là ou un peu plus loin

    Entre les lignes de mes refrains

    Que je lui chanterai dès demain

     

    Je ferai tout pour la trouver

    Je ferai tout pour la rencontrer

    J’irai dans tous les coins de la cité

    Ou sur les marches de mon escalier

     Elle me sauvera de mes ratures

    Et de mon marchand de voitures

    Mais je ferai tout pour la trouver

     

    Je ferai tout pour la trouver

     Je ferai tout pour la rencontrer

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

    SACEM


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    Arrangement, instruments, enregistrement, mixage: Pascal Grondin

     

    Il existe un gêneur suprême

    Un fameux pompeur d’oxygène

    Qui bombarde nos latitudes

    Sans le moindre vent d’inquiétude

     

    Depuis qu’on essuie patiemment

    Tempêtes et débordements

    On pourrait en juste défense

    Lui clouer son impertinence

     

     Tuer le temps, tuer le temps

    Oh  oui mais le tuer vraiment

    Un coup de feu à bout portant

    Le tuer, définitivement

     

    Tuer le temps, tuer le temps

    Oui mais le tuer vraiment

    Consciemment, en préméditant

    L’éliminer, physiquement

     

     Quand je vois un de ces crapauds

    Monter en haut de son escabeau

    Pour nous baver sa météo

    Si lui se gèle, moi je deviens chaud

     

    J’aspire alors aux séries noires

    A m’équiper d’un vieux pétard

    A cribler de balles quelques nuages

    Crever l’abcès, faire un orage

     

     S’il s’en tenait à ses bavures

    A jouer sur les températures

    Mais, Monsieur fait dans la longueur

    Les jours, les mois et même les heures

     

    Il met du jaune à mes rengaines

    M’a gratifié d’une bedaine

    Mieux vaut le renvoyer au ciel

    Faire pleuvoir le plomb sur ses ailes

     

    Paroles et musique: Jean-Luc Taburet

     

    SACEM


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